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Ressentir c'est guérir

Quand une émotion monte en nous cela indique une seule chose : elle souhaite s’exprimer, être ressentie, vécue, pleinement et sans retenue.


Cela paraît trop simpliste peut-être. Mais c’est l’ordre des choses.

Et disons le, c’est facile quand il s’agit d’une émotion plaisante telle que la joie, le rire, l’enthousiasme par exemple. On s’en donne à cœur joie, on a envie de laisser cette expression de notre état d’être nous traverser sans tenter de l’étouffer.


Mais quid des émotions dites plus basses, inconfortables, difficiles ? La peur, l’anxiété, la rage, la culpabilité, le chagrin ont tout autant leur raison d’être que leurs « camarades » des jours heureux. Elles expriment une réaction face à une situation, notre façon de la percevoir, de l’appréhender.


Et tout autant, elles montrent le bout de leur nez pour être pleinement reconnues, expérimentées. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons pris une forme physique. Ressentir le bien et le mal, le facile et le difficile, le joyeux et le triste. Alors quand on tente d’ignorer ces émotions moins joyeuses, elles insistent. Hé, moi aussi j’existe, tu m’écoutes, tu veux bien m’écouter, me ressentir ? Héé hoo, je suis lààà !! Pourquoi tu fuis ? Pourquoi tu te bouches les yeux, les oreilles ? Pourquoi tu cherche une distraction ?



Car l’humain a souvent cette impulsion contre-productive de fuir ce qui n’est pas confortable. Ou alors, mais ça c’est autre chose, de l’exprimer de manière inappropriée. Ainsi exploser de rage devant son patron parce que ce dernier nous a fait une remarque qui manquait quelque peu de tact n’est sans doute pas la manière la plus judicieuse de laisser notre colère s’exprimer. Pas judicieuse certes, mais au moins on aura permis à cette colère de sortir. Mais je l’admets volontiers, dans certaines circonstances il faut savoir attendre, parfois une heure ou deux avant de laisser remonter ces émotions dans le confort et le cadre intimiste d’une chambre isolée.


John McEnroe le champion de tennis des années 70-80 avait cette faculté de libérer rapidement sa rage sur le court, parfois de manière grossière, pour mieux se recharger d’énergie vitale et briller quelques instants plus tard. Discutable sur le plan du comportement. Mais pour la plupart des gens, passer de la rage à la concentration intense en un clin d’œil c’est une prouesse quasi-impossible.


Mais revenons à nos moutons. Ressentir ce qui est désagréable est…désagréable, mais tellement nécessaire. Sinon quelle est l’alternative ? L’évitement, et le refoulement en nous de cette émotion. Mais là c’est l’assurance de vivre avec. De la trimballer là où on va. Et tôt ou tard cette émotion évitée, qui a dormi en nous quelque temps, va refaire surface de manière plus violente, stimulée par des circonstances propices à la réveiller, pour à nouveau demander notre pleine attention.


Nous avons tous en nous quelque part des traumas d’enfance que nous n’avons pas pour une raison ou une autre pu ou su exprimer ou expérimenter pleinement. Nous ne les avons pas résolus; libérés. Alors ils pointent et repointent le bout de leur nez pour redemander notre attention, notre permission de les laisser nous traverser pleinement pour libérer ce surplus d’énergie auquel nous n’avions plus accès, qui était bloqué.


Alors il faut le dire et le redire: ressentir c'est guérir, éviter c'est s'auto-saboter!


Mais si l’on peut éviter d’attendre des situations extrêmes pour les réveiller, et s’occuper avec l’aide d’un professionnel de les libérer une à une, alors notre vie reprendra des couleurs et saura nous redonner le sourire.


Georges Homsi

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